Le coup de poing de Florian Pugnaire chez Eva Vautier

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Un film coup de poing. Des images d’une force incroyable qui, par moments et presque par inadvertance pourrait-on dire, prennent une étonnante dimension esthétique. Agôn, projeté à la galerie Eva Vautier à l’occasion de la première exposition personnelle de Florian Pugnaire, résume le va-et-vient de l’artiste entre production, construction, et démolition.

La pratique artistique de Florian Pugnaire s’articule autour de la sculpture, de l’installation et de la vidéo. Entrent en scène dans son travail la danse, la musique et le cinéma.  Agôn projet hybride, s’impose comme un film de sculpture. Il témoigne d’un processus de création et de destruction sous la forme d’une fiction, par la mise en scène d’un combat singulier dans une scénographie en perpétuelle mutation. Une réalisation qui décoiffe.

 

Florian PUGNAIREExposition "Mechanical Stress" Galerie Eva Vautier 2016

Florian PUGNAIRE Exposition « Mechanical Stress »

Florian Pugnaire expose par ailleurs une dizaine de sculptures inédites. L’artiste explore la souplesse du plomb, la résistance du métal, la fragilité des plaques de plâtre et transcende les paradoxes apparents grâce à une force de travail qui mène les matériaux jusqu’à leur point de rupture, comme le dit Pauline Thyss. Des expériences artistiques singulières. Une vraie signature.

Jusqu’au 26 novembre. Galerie Eva Vautier, 2 rue Vernier. Nice http://www.eva-vautier.com

Florian PUGNAIREExposition "Mechanical Stress" Galerie Eva Vautier 2016

Florian PUGNAIRE Exposition « Mechanical Stress »

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Le corps sublimé à la Darkroom Galerie

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La rencontre magique d’un danseur et d’un photographe. Le corps tendu, sculpté, sublimé par l’objectif du regardeur qui, dans cette interprétation de la plastique et du mouvement, devient créateur. Dominique  Jaussein nous offre une « signature gestuelle », titre d’un  ouvrage rassemblant ses images, à la fois singulière et d’une force étonnante.

 » Quand je vois ces pieds, je sais comment le danseur entre en contact avec le sol, quand je vois ses cuisses, j’imagine comment il s’en arrache et quand je vois le grain de sa peau, je perçois comment il vit et incarne ses rôles. « Signature gestuelle » n’est pas en prise directe avec le mouvement. Dominique Jaussein nous propose mieux : il nous entraine au cœur de ce qui fait la danse. Ses photographies contiennent à la fois en mémoire et en germe  ce qui est essentiel à l’art chorégraphique ». Ces mots de Jean-Christophe Maillot, directeur des Ballets de Monte-Carlo, résument parfaitement les émotions que l’on ressent en voyant ces images exposées à la Darkroom Galerie, à Nice.

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Le corps est celui de George Oliveira, un magnifique danseur qui s’est prêté au jeu et qui a réalisé des figures profondément signifiantes, évocatrices d’un art puissant et sans concession, exigeant, radical. Le résultat est bluffant. « L’espace et le corps, une affaire de cœur… » pour Dominique Jaussein qui considère son modèle comme un véritable objet d’art.  De superbes photographies.

Darkroom Galerie, 12, rue Maccarani , Nice. Tel 06 12 55 33 88 contact@darkroomgalerie.fr

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A la recherche des racines perdues, Kristina Sisejeva chez Lola Gassin

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Une jeune femme inspirée, sensitive, à fleur d’âme. Kristina Sisejeva nous offre une vision bucolique (mais pas seulement) des paysages de Lettonie, son pays d’origine. Eblouie par la beauté du monde, elle habille ses modèles de branches, de fleurs, de tiges, de mousse et d’argile.

« People § Plants », cette série exposée pour la première fois chez Lola Gassin témoigne de sa recherche des origines, des racines, des liens essentiels qui construisent un individu dans la jungle mondiale. Chaque image porte en titre le nom spécifique d’une plante associée à un visage féminin. Son leitmotiv tient en quelques notes: « L’ensemble de mon travail photographique est un voyage « visuel » vers les origines du monde. Je suis à la recherche permanente de nos racines perdues ».

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Avec élégance, inventivité et charme, la jeune photographe nous étonne, nous fait rêver. D’horizons lointains au cœur de l’intime. Loin des paradoxes faciles il s’agit ici d’une vraie quête d’authenticité.

Jusqu’ au 3 octobre dans le cadre de « Kitchen, cuisine artistique », commissaire : Ramona Apalko. Chez Lola Gassin, 49  rue Maréchal-Joffre. Nice. Tél: +33 (0)4 93 88 68 25 . +33 (0)6 74 29 23 36

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Sol Lewitt et Quentin Derouet, rencontre inopinée chez Chantal Helenbeck

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Chantal Helenbeck ose un rapprochement inattendu. Guidée par ses goûts, ses émotions et ses réflexions sur des œuvres assez énigmatiques pour que l’on puisse bousculer les codes, elle expose Sol Lewitt, « le » conceptuel américain et Quentin Dérouet, un jeune artiste sorti de la villa Arson très prometteur et déjà célèbre pour son travail sur la rose dont il extrait les jus pour peindre.

Au prime abord on pense que le premier est minimaliste et conceptuel, le second plus sensible et esthétique. Mais les choses ne sont pas si simples….  Un superbe ouvrage, véritable objet d’art, « Sollewittemblemata » permet de découvrir des planches (dont deux signées par l’artiste) témoignant d’un goût pour des fonds moirés, très séduisants, très denses, et pour des couleurs chaudes, vivantes, émotionnelles. Voilà un parti pris qui tranche sur la radicalité d’un propos froid, sans concession.

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De son côté , Quentin Derouet n’adopte pas la rose pour sa seule beauté. « Les dessins de Sol Lewitt ne cherchent pas à créer des images: ils vont au-delà de la réalité… Les œuvres de Quentin Derouet ne cherchent pas à être esthétiques: elles séduisent pare qu’elles transcendent des matériaux bruts… » dit la commissaire d’exposition Camille Frasca. Avec le parti pris de les faire vibrer ensemble, cette exposition nous offre un duo inattendu sans aucune fausse note.

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Sol Lewitt/Quentin Derouet. « Vivre ou mourir ». Galerie Helenbeck. 6 rue Défly. Nice

 

Terra amata renaît en compagnie de Raymond Moretti

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Un jour, sur un chemin qui surplombe la mer, à quelques encablures d’un des plus beaux panoramas de la Côte d’Azur, une dent de rhinocéros… Trouvaille impromptue au milieu du XIXe siècle, durant les travaux de percement de la « nouvelle route de Villefranche » qui deviendra la Basse Corniche. Cette molaire fut le premier indice, bientôt suivi par des coquilles terrestres et des restes d’éléphants. Et c’est ainsi que débuta une fantastique aventure devant aboutir à des découvertes fabuleuses.

Il faudra attendre l’année 1965 pour que le site de Terra Amata soit entièrement révélé par Henry de Lumley et son équipe, lors d’une prospection sur le chantier d’un immeuble en construction. Quelle émotion d’avoir vu vendredi dernier l’éminent paléontologue lors de l’inauguration du nouveau musée de Terra Amata rénové à l’occasion de son 40e anniversaire (il fut créé en 1976 sur le site même où vivaient il y a 400 mille ans des chasseurs de cerfs).

Grâce à l’amitié  qu’il entretint avec le Pr Henry de Lumley, le peintre niçois Raymond Moretti fut habité par une nouvelle inspiration le portant vers la préhistoire. C’est ainsi qu’il réalisa un timbre consacré à l’homme de Tautavel ainsi que des affiches pour de nombreuses expositions et musées. Une sculpture monumentale signée Moretti orne d’ailleurs la façade du Musée Terra. « La place de l’homme au sein du cosmos » est un merveilleux clin d’œil au vertige que suscite l’idée de l’infini.

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A l’occasion de la renaissance du musée de Terra Amata est exposée pour la première fois la collection privée de Henry de Lumley, et plus précisément  des œuvres de Raymond Moretti retraçant leur amicale collaboration.

Des images fascinantes où l’on retrouve les couleurs chaudes et le trait vif de l’artiste. Un ensemble d’images qui dialoguent parfaitement avec les collections du musée. Et le souvenir d’un grand artiste sensible, à écoute de l’humain depuis les origines, pour mieux préparer demain.

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Jusqu’au 30 octobre. « Raymond Moretti et la Préhistoire »Musée d’Archéologie de Nice – site de Terra Amata. 25, boulevard Carnot – Nice

 

Le boléro de Ravel à la Bogéna galerie, le bel alliage

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« Finissage » en beauté à la Bogéna galerie pour l’exposition « Au fil de la Méditerranée » qui nous a présenté des « filiations révélées » et électives entre différents plasticiens, modernes ou contemporains. Bruno Caprioli a offert une interprétation très personnelle, élégante et prenante, du fameux « boléro » de Ravel. Devant une toile onirique de Monique Frydman ou en dialogue avec une peinture magistrale de Manolo Valdès, le danseur a effectué des figures qui génèrent autant de « filiations » artistiques. Une réussite.

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Bogéna Galerie. Saint-Paul de Vence. http://www.bogena-galerie.com

 

Cécile Andrieu à la galerie Depardieu: arrêt sur l’image des signes

 

IMG_2761 (1).jpgIl y a de quoi être un brin désarçonné au départ. On entre dans la galerie et l’on voit au centre de l’espace une installation étrange, sur les cimaises des tableaux qui de loin évoquent une écriture en braille, un peu plus loin d’élégantes volutes pour dire les lettres de l’alphabet, suspendus au dessus du sol des cylindres qui ressemblent à des piles… Et puis on rencontre l’artiste, Cécile Andries. Elle explique son propos, sa façon de mettre en scène les signes pour mieux dénoncer le carcan de la pensée qu’ils induisent. Nous sommes dépendants du langage dans notre façon d’exister et de percevoir le réel. Notre réflexion dépend des mots dont nous disposons pour la dire.

Sans l’univers des signes, le  néant, la mort. Du coup l’artiste rend hommage aux dictionnaires. Le Grand Robert de la langue française en six volumes est dépouillé de ses feuilles et des lutrins, recouverts comme il se doit de tapis rouges, sont disposés en cercle pour lui rendre hommage. Un dispositif pour réfléchir en silence à ce qui nous unit aux mots.

Sur le mur les lettres sont « fossilisées » dans le plâtre et il faut s’en approcher à quelques centimètres pour les percevoir. « Les stigmates d’une langue meurtrie et d’une humanité en danger, mais suffisamment visibles encore pour réveiller les consciences et les cœurs » nous dit l’artiste qui a investi la galerie Depardieu pour nous interpeller à sa façon sur le langage et sans doute aussi sur la nécessité de bien nommer les choses pour ne pas sombrer.

Jusqu’au 8 octobre. Galerie Depardieu. 6 rue du Dr Guidoni. Nice. http://www.galerie-depardieu.com

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