Jacques Chibois, 20 ans d’excellence à Grasse

NLaffonLorsqu’elle atteint des sommets, la gastronomie s’impose comme l’un des Beaux-Arts. Chez Jacques Chinois qui fête le 20e anniversaire de la Bastide Saint-Antoine, à Grasse, les aquarelles sont dans l’assiette, les peintures aux cimaises et les sculptures dans le jardin. Une façon délicate de célébrer la convergence des sens lorsqu’ils palpitent , enivrés par les lignes, les saveurs. l’harmonie de l’ensemble.

Bercés par le chant des oiseaux, on découvre les créations d’un chef à l’écoute de la nature dont il  perçoit les promesses. Son talent consiste à tirer le meilleur parti de ces ingrédients, son génie fait de chaque plat une création vive. Ici, pourrions nous dire avec Baudelaire « les couleurs, les parfums et les sons se répondent »…« 

Amateur éclairé, Jacques Chinois a d’ailleurs choisi d’ouvrir la Bastide à des plasticiens qui ont placé dans cet écrin de choix quelques-unes de leurs œuvres. Jean-Philippe Ri

Les silhouettes de Jean-Philippe Richard semblent s’imposer sur la pelouse comme les hôtesses de cette grande maison. « Promesses silencieuses de je ne sais quel bonheur » nous dit le sculpteur. Dans les salons, une immense truffe de bronze signée Hans Hedberg rappelle l’engouement du chef pour cet or noir joyau des assiettes automnales. Et les lignes élégantes de Mireille Berrard illuminent les cimaises tandis que les peintures de Jean Marc Faraut accompagnent dans la salle de restaurant les moments de bonheur. Convergence de plaisirs raffinés pour un anniversaire qui comble d’aise les gourmets.

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Jacques Chibois. La Bastide Saint-Antoine. 48 avenue Henri Dunant. Grasse. 04 93 70 94 94 http://www.jacques-chibois.com

 

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Exercices de style en noir et blanc à la galerie Helenbeck

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Après l’explosion de couleurs signée Nada Duval qui avait ces mois derniers illuminé la galerie Helenbeck, voici une proposition toute autre, inédite et captivante. Fédérer autour du noir et blanc une pléiade d’artistes fort différents mais dont la rencontre est rendue possible par des choix judicieux. Des œuvres plastiques minimalistes ou abstraites, figuratives ou géométriques, graphiques ou enrichies de mots… Des peintures, sculptures, dessins et photographies se côtoient dans une harmonie nouvelle qui questionne le regard. Un bouquet sociétal artistique contemporain et universel. Une promenade guidée mais aléatoire qui nous fait découvrir ou retrouver des artistes qu’apparemment rien ne lie vraiment et qui pourtant parviennent ici à dialoguer pour le plus grand plaisir du visiteur.

C’est ainsi que se retrouvent aux cimaises ou dans l’espace immaculé de la galerie Araki, Arman, Ben, Beiso, Cane, Cesar, Clerc, Derouet, Dubuffet, Duval, Gnilka, Guiboux, Haines, Ikon, Jonone, Meliani, Medina, Pelletier, Pinoncelli, Pissarro, Posthuma, Jacques Renoir, Stockman, Vermorel, Volti, Von Luger, Wack et Zanuso. A découvrir sans tarder.

Galerie Helenbeck. 6 rue Defly. Nice

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Le vibrato incandescent de Penck chez Maeght

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Tension entre deux mondes, tentative de s’approprier une histoire étrangère sinon étrange, adaptation progressive à une société nouvelle. A.R. Penck est un artiste singulier issu du chaos de l’après-guerre allemand. Terré dans son atelier pendant deux ans il étudiait, disait-il, le capitalisme dont il ignorait tout, ayant grandi à l’Est.  Une anecdote est révélatrice de ce parcours de vie. Le peintre se familiarisait avec l’Ouest en lisant des magazines faisant la part belle au nu féminin. Désireux de se mettre à la page, il reçut un journaliste venu l’interviewer en tenue d’Adam…

Plus sérieusement cet homme profondément soucieux de comprendre l’histoire et ses enjeux, portant un regard attentif à l’humain, pris dans les remous de la pensée philosophique, a donné corps à une œuvre saisissante à laquelle la Fondation Maegh rend hommage en exposant plus de 150 peintures, sculptures et dessins.

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Ses peintures évoquent l’art pariétal et vibrent volontiers sur un tempo jazzy. Ses sculptures comme celle qui trône magnifiquement au fond de la Cour (voir photo en tête de l’article) dialoguent volontiers avec Miro ou Giacometti. Les passerelles existent entre les créateurs qui ont fondé cet espace de réflexion, d’art et de vie que préserve la Fondation. Le choix de Penck devient lumineux lorsqu’Olivier Kaeppelin avec ses mots toujours magiques nous livre ses pensées: « Si l’art est l’un des moyens les plus perspicaces et les plus justes pour comprendre la psychologie humaine, pour mettre en lumière la vérité d’un individu, il peut, également, tenter d’exprimer non plus l’identité d’une personne mais celle d’une « humanité », d’un groupe d’hommes confrontés au temps ou à l’Histoire. L’art prend une dimension légendaire chez A.R. Penck quand il cherche à représenter les jeux, les signes, les langages, les chansons de geste de cette humanité ».

Pour pénétrer plus avant dans cet univers multiple dans lequel nous promène ce grand peintre allemand de la fin du 20e siècle il convient de s’attarder quelques instant dans le petit cabinet où sont rassemblés ses carnets de dessins. Nous voyons ici comment l’écriture, les graphes et l’exploration des différents langages contribuent à une étude globale de l’expression humaine dans ce qu’elle a de plus intemporel et universel.

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A.R. Penck. Jusqu’au 18 juin. Fondation Maeght. 623 chemin des Gardettes. Saint-Paul de Vence. http://www.fondation-maeght.com

Madeleine et Apollinaire, les mots d’une histoire d’amour aux Déchargeurs

Oran.jpgElle s’appelait Madeleine Pagès, avait croisé le poète dans un train, était devenue son amour caché, sa muse, sa correspondante, le soleil qui illumine l’imaginaire lorsqu’on se trouve à terre dans les tranchées. Guillaume Apollinaire n’a cessé de penser à cette jeune fille jeune et délicate dont l’amour pour la poésie et l’œil tendre avaient fait basculer une lueur de sympathie en coup de foudre le temps d’un voyage de Nice à Marseille.

Les vers chantaient à l’oreille de Madeleine, bouleversée par talent de Guillaume qui, en quelques heures, se sentit compris, aimé. Les mots qui changent le monde, les mots pour panser les plaies. Ils s’écrivirent et vécurent une passion  d’autant plus vive qu’elle ne put véritablement se concrétiser.

« Je serre votre souvenir comme un corps véritable

Et ce que mes mains pourraient prendre de votre beauté

Ce que mes mains pourraient en prendre un jour

Aura-il plus de réalité?

Car qui peut prendre la magie du printemps?

Et ce qu’on en peut avoir n’est-il pas moins réel encore

Et plus fugace que le souvenir?

Et l’âme cependant prend l’âme même de loin

Plus profondément plus complètement enore

Qu’un corps ne peut étreindre un corps ».

De cet amour rêvé, sublimé et incarné dans un langage flamboyant est né un spectacle. Ces lettres sont lues sur la scène du théâtre des Déchargeurs, à Paris, par Pierre Jacquemont et Alexandrine Serre. Deux comédiens qui ont l’art de gommer l’économie de moyens par une rare intensité. Moment de grâce qui nous plonge au cœur de l’intime, dans cette sphère palpitante où se passe l’indicible, où l’être vacille, emporté par la magie des mots. Et c’est ainsi qu’Apollinaire célébra les portes de son amour avec une fougue plus sensuelle que n’importe quelle peinture lyrique.

A découvrir sans tarder au théâtre des Déchargeurs.

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« Madeleine, l’amour secret d’Apollinaire ». Jusqu’au 27 mars. Le lundi à 18h30. Théâtre les déchargeurs. 3 rue des déchargeurs. Paris. http://www.lesdechargeurs.fr

Les femmes de Newton inaugurent le nouveau musée de la photographie à Nice

IMG_3930 (1).jpgLa femme muse ou mutine. La femme objet ou la femme oblitérée. La femme rêvée ou capturée. Helmut Newton n’en finissait pas d’interroger l’éternel féminin en promenant son objectif sur les corps plus ou moins dénudés de ses stars. Ayant donné une nouvelle identité et un impact singulier à la photographie de mode, il a révolutionné la séduction sage et polie pour donner à ses créatures un élan rebelle et provocateur.

Ses « Icônes » inaugurent à Nice avec éclat le nouveau Musée de la Photographie Charles Nègre dont la structure un peu froide et métallique constitue un écrin à la fois sobre et percutant pour des expositions de ce style. Un espace qui se prête parfaitement à la mise en lumière d’images en noir et blanc ou colorées.

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Comme le dit Matthias Harder, Conservateur de la Fondation Helmut Newton à propos du photographe qui a marqué de son empreinte le siècle dernier « Il a placé les femmes sur un piédestal métaphorique qui, contrairement à la photographie de mode antérieure, ne renfermait plus de galanterie, mais faisait plutôt appel à la confiance en soi des femmes. Certaines de ses images en noir et blanc nous rappellent des scènes de film d’Hitchcock alors que ses tirages en couleur pourraient passer pour être précurseur des films de David Lynch ».

C’est donc avec une exposition particulièrement éloquente quant à l’impact de la photographie sur l’art et la société que s’est ouvert ce nouveau lieu qui, outre la conservation de la collection permanente rassemblant le fonds Charles Nègre et des pièces contemporaines de prime importance, organisera régulièrement des manifestations permettant de découvrir la fine fleur de la photographie actuelle.

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Jusqu’au 28 mai. Helmut Newton « Icônes ». Musée de la Photographie Charles Nègre. 1, place Pierre Gautier. Nice