
Le Petit Prince l’a dit: « On ne voit bien qu’avec le coeur ». Si Alain Gontier et Maxime Franch se sont rencontrés c’est sans doute parce que tous deux ont très tôt lu et compris Saint-Exupéry. Ces deux photographes que des années séparent fusionnent dans le regard bienveillant et attentif qu’ils posent sur autrui. Et la Darkroom Galerie tire parti de ces affinités profondes en présentant « Talents croisés, deux générations ».
Une exposition qui permet d’admirer les portraits puissants, uniques, qui ont fait la notoriété d’Alain Gontier également célèbre pour ses images captées sur un quai de gare ou dans la rue. Visions sensibles et signifiantes, poèmes dispensés de mots, évocations magiques d’un moment de vie. Alain Gontier possède ce talent rare de pouvoir, avec une économie de moyens, sans discours, sans points sur les i, sans effusions colorées et lyriques, dire l’essentiel. L’acuité du regard, une sensibilité à fleur de peau et l’intelligence du cœur. Voici selon moi le cocktail qui aboutit chez lui à de véritables œuvres d’art.

Chez Maxime Franch, le propos est tout neuf. Ce jeune homme encore étudiant a rencontré des laissés pour compte, des exclus, des ombres de la rue. Il leur a tendu la main, les a regardés, écoutés, apprivoisés et finalement photographiés. Etonnante maîtrise de la gravité en dépit d’une fraîcheur à peine sortie de l’adolescence. C’est certain, voici un photographe en devenir qui n’a pas fini de nous surprendre. Rien d’empâté, de larmoyant, de voyeur, dans ces rencontres fugitives marquantes, riches de bienfaits, lourdes de conséquences.

Ce tandem de choc a quelques chose de bouleversant. Les deux photographes, de loin, de très loin, se tendent la main d’une certaine façon. La galerie niçoise favorise ici une superbe rencontre. Une exposition à découvrir pour la beauté de l’art mais aussi pour l’humanité profonde qu’elle véhicule.
Jusqu’au 31 mai. Darkroom Galerie. 12, rue Maccarani Nice – contact@darkroomgalerie.fr – http://www.darkroomgalerie.fr

Complexe, intellectuel, inventif et profond. L’art vérité suit forcément les élans du cœur et de l’esprit du plasticien. Chez Gérald Thupinier qui (s’) expose à la galerie Christian Depardieu la peinture ne se livre qu’avec parcimonie, à son image. Et, comme il le dit, « chaque œuvre appartient à celui qui la regarde ».










J’ai relaté ici les mésaventures du Musée des tissus de Lyon menacé de fermeture pour des raisons financières. Grâce à la mobilisation tous (près de 100 000 signatures) et surtout grâce à la dépêche AFP signée Sandra Laffont et largement relayée par les médias, ces collections exceptionnelles sont provisoirement sauvées.

« Réfléchir Autrement ». Jusqu’au 12 mars. La Conciergerie Gounord. 22 rue Gounod. Nice Tél 06 61 32 07 56
Or de basses considérations financières risquent de sonner le glas de cette merveille étroitement liée à l’histoire de la ville. La Chambre de commerce et d’industrie de Lyon ne veut plus mettre la main à la poche, la mairie est également aux prises avec des difficultés de budget. Seule la Région semble vouloir contribuer à cette opération de sauvetage qui mobilise largement les citoyens français et les amateurs d’art du monde entier au travers d’une pétition déjà signée par près de 100 000 personnes. Le Préfet, de son côté, cherche des solutions du côté de l’Etat. Souhaitons qu’une issue favorable puisse être trouvée car il en va d’une certaine conception de l’histoire, de la culture et par là même de la vie que nous souhaitons offrir à nos enfants.