La rentrée au TNN: Irina Brook ou l’art des mets…

img_2763

Un véritable festin. C’est ce que nous promet la directrice du TNN (Théâtre national de Nice) qui s’ouvrira le 18 novembre prochain sur un « Point d’interrogation » signé Stefano Massini et Irina Brook. Tout un symbole lorsqu’on sait qu’Irina ne cesse de s’interroger sur la meilleur façon de toucher les publics (tous les publics) afin de susciter intérêt mais aussi étonnement et questionnement. Elle multiplie les initiatives afin de faire venir au théâtre, ou à tout le moins vers le théâtre même s’il se joue dans la rue, les enfants, les adolescents, les adultes hermétiques ou peu accoutumés au spectacle vivant.

Et elle y va fort, mettant cette année à l’affiche des spectacles accessibles dès l’âge de quatre ans! Elle veut rassembler. Quoi de plus fédérateur que les nourritures terrestres pour toucher tout le monde? Alors la métaphore culinaire s’impose à tous les niveaux. Un festin, disions-nous, comme au siècle des Lumières avec une quantité astronomique de mets différents, raffinés ou copieux, traditionnels ou exotiques, légers ou plus consistants. Un programme qui fait la part belle aux grands classiques mais aussi aux textes contemporains, voire aux expériences nouvelles ouvertes sur le monde et l’actualité. Et souvent, sur le plateau, la cuisine au sens propre du terme. Avec un repas plus ou moins improvisé que le public sera invité à partager. « Délicieux » est l’adjectif le plus volontiers employé par Irina Brook qui nous annonce, sinon des douceurs car le regard que l’on pose sur le monde d’aujourd’hui serait plutôt amer, mais à tout le moins des parenthèses goûteuses et incitant au partage. Tout l’art des mets qu’elle compte bien cultiver pour gagner tous ses publics.

Informations sur le calendrier des spectacles: http://www.tnn.fr.

Théâtre de Nice. Tél 04.93.13.90.90

 

Coup de cœur: confort et petits prix avec la compagnie portugaise

TAP PORTUGAL A330-Photo nº2.jpg

J’ai eu l’occasion à maintes reprises de tester le confort de la compagnie portugaise TAP qui assure des vols directs au départ de Nice vers Lisbonne. J’ai d’ailleurs rédigé plusieurs reportages sur cette ville trépidante, singulière, attachante qui, le temps d’un long week end ou d’une petite semaine nous promène entre ancien et nouveau monde et nous offre une pléiade de curiosités.

Il se trouve que la TAP qui allait déjà accueil souriant et prix raisonnables donne un coup de canif dans sa grille tarifaire pour ouvrir ses lignes au plus grand nombre. Avec une réduction moyenne de 34% dans la catégorie des prix les moins chers Discount, TAP propose dorénavant des tarifs à partir de 32€ l’aller simple, toutes taxes comprises. Les réservations sont d’ores et déjà possibles sur http://www.flytap.com pour des départs à partir du 1er octobre 2016.

Voici quelques exemples de destinations européennes aux tarifs les plus bas, après application de la réduction en catégorie Discount :

Lisbonne-Londres: 39 € aller simple

Lisbonne-Paris: 33 € aller simple

Lisbonne-Valence: 59 € aller simple

Lisbonne-Bruxelles: 35 € aller simple

Lisbonne-Frankfurt: 60 € aller simple

Bon vol et surtout prenez le temps de visiter Lisbonne!

Informations et réservations auprès des agences de voyages ou du Call Center de TAP Portugalau:0820319320(0,12€/mn) ou:www.flytap.com

 

Anne Pesce à Tourrettes-sur-Loup, réinventer New-York

IMG_2721

D’abord il y a la déambulation, au hasard des rues, pour humer les odeurs, s’imprégner de l’ambiance, balayer d’un regard les lignes. Puis le vent, le soleil, le ciel et les nuages, chargés d’émotions, complètent le tableau, titillent les sens et les images s’inscrivent dans la mémoire, dans le ressenti. Anne Pesce nous fait partager ses années new-yorkaises . De 2011 à 2015 elle a parcouru la ville trépidante, accumulé les spots hallucinants, ouvert tous les pores de sa peau pour recevoir les messages, les signes et les murmures du paysage urbain.

« Je sais désormais que le temps de la marche à pied dessine une ligne fluide qui ne me laisse que les permanences de formes promptes à construire des peintures. Mes heures de voyage filent vers un point: le centre de la cible ».

IMG_2720.jpg

Du point du jour au crépuscule, lever les yeux, recevoir l’éblouissement, chavirer, reprendre son équilibre, se poser et peindre. Peindre toujours selon des gestes répétitifs jusqu’à « faire l’expérience du tableau ». C’est ce que vise Anne Pesce qui présente ses œuvres à l’Espace muséal du château de Tourrettes-Sur-Loup, sous l’égide de la galerie Catherine Issert. Une promenade à travers les angles devinés, les verticales suggérées et les couleurs saturées. L’artiste a réussi son pari, réinventer New-York.

Jusqu’au 5 octobre. Espace muséal. Château de Tourrettes-Sur-Loup.Ouvert du lundi au vendredi.

IMG_2723 (1)

 

Moya fait son cirque à la Bogéna Galerie

IMG_2708

Soirée rafraîchissante à la Bogéna Galerie où Patrick Moya s’est livré à un petite improvisation très réussie. Partant de rien ou plutôt d’une toile noire il a donné vie en direct aux petites créatures qui peuplent son île, vous savez le Moya Land que l’on visite dans le monde entier sur Second Life. D’ailleurs une vidéo diffusée au restaurant qui jouxte la galerie a permis de s’immerger une fois de plus dans cet univers ludique et décalé.

Moya a représenté un cirque avec chapiteau, rideau, marionnettes et… Pinocchio. Entre ange et démon tout un peuple de bonshommes et d’animaux farfelus et sympathiques. Avec bien entendu toutes les tonalités de l’arc en ciel histoire de faire décoller encore plus facilement vers le pays merveilleux de l’enfance où tout est possible. Moya, on le suit depuis des années. Il évolue, se perfectionne, innove mais ne grandit pas. Pour le grand bonheur des afficionados.

Cette performance en plein air était un joyeux prélude à la découverte de l’exposition de la Bogéna Galerie qui rassemble des artistes de grand talent comme Jeff Bertoncino, Carl Dahl, Franta, Monique Frydman,  James Coignard, Michel Carlin, Sophie Rocco,Deshairs, Bernard Abril qui côtoient sur les cimaises des maîtres contemporains comme Manolo Valdès ou Antoni Tapiès. Un espace d’art et de liberté à Saint-Paul à visiter d’urgence.

IMG_2713

IMG_2716

Bogéna Galerie. Saint-Paul de Vence. http://www.bogena-galerie.com

Balades en couleurs autour du Mont Blanc

IMG_2516

L’immensité pure, simple. L’odeur de l’infini. La montagne ressource le corps sans doute, mais surtout vivifie l’esprit. En cette saison sombre où les tragédies ont effacé le soleil un petit tour du côté du Mont Blanc vaut tous les voyages autour du monde. L’effort, la contemplation et la solidarité (solidarité qui, lorsqu’on marche au-delà de 2000, devient une seconde nature) voilà les ressources dont nous avons tant besoin à l’heure actuelle. Quelques photos pour en dire davantage et pour donner envie de prendre le large. A condition d’être prêt à souffrir sur les pentes raides. Car  atteindre les sommets,  évidemment ça se mérite. ..

 

IMG_2554.jpg

IMG_2545

IMG_2526

IMG_2557 (1)

IMG_2560

 

 

 

Benoit Lemercier au château Sainte-Roseline

IMG_2397.jpeg

Comme chaque année le château Sainte Roseline, célèbre domaine viticole varois, accueille la sculpture contemporaine. Un écrin magique pour des œuvres monumentales qui jouent une partition en noir et blanc sur les vieilles pierres et les arbres séculaires. Benoit Lemercier propose une vision artistique des mystères du monde qui nous entoure. S’appuyant sur différentes théories scientifiques, il nous invite à un voyage esthétique au cœur de la matière. L’infiniment grand et l’infiniment petit se rejoignent ici dans deux séries d’œuvres Hypercube et Supercordes. Des lignes et des volutes en parfaite harmonie avec l’esprit des lieux.

FullSizeRenderJusqu’au 16 octobre. Château Sainte Roseline. Les Arcs sur Argens
http://www.sainte-roseline.com

Avignon off: quelques petites perles

IMG_2401Le « in » baisse le rideau mais le « off » continue jusqu’à la fin du mois. Voici quelques spectacles que je recommande, dénichés dans la jungle de ce festival unique en son genre.

« La religieuse » de Diderot par le Collectif 8. On retrouve avec bonheur Gaële Boghossian aux côtés de Noémie Bianco. Deux comédiennes diablement inspirées, dirigées par l’excellent Paulo Correia. Le bonheur d’un grand texte savamment projeté dans le décor.

Théâtre du Chêne noir. 13h15

« Fabrice Lucchini et moi » d’Olivier Sauton. Une fable magnifique sur la découverte des textes, des mots, de la culture. Leçons de théâtre ou leçons de vie, comme on voudra, par un comédien magnifique.

Théâtre du Rempart. 10h10

« Finetuning » de Dusan Hégli. Accord parfait en effet entre musique et danse, tradition et invention, culture et modernité. Un spectacle total qui nous transporte au cœur de l’Europe de l’Est avec des danseurs merveilleux et des musiciens de haut vol. Voyage, voyage…

Espace Alya. 22h15

Unknown

 

Et mon petit doigt m’a dit… le plus grand bien de:

« Paradoxal » de Marien Tillet. Manufacture, 14h40

« Iliade » de Pauline Bayle. Manufacture, 21h20

« Le dernier baiser de Mozart » d’Alain Teulié. Théâtre Actuel, 19h05

« Les bâtisseurs d’Empire » de Boris Vian par une compagnie turque. Tremplin, 14h.

« Adieu  Monsieur Haffman » de Jean-Philippe Daguerre. Théâtre Actuel, 17h20.

« Créanciers » de Strindberg. Théâtre Le Cabestan, 12h.

« Noces de feu »  de Caroline de Diesbach. Théâtre du Petit chien, 22h30.

Et souvenez-vous! Les saltimbanques nous font rêver, espérer, vibrer. Bref, ils nous font vivre. Aidons les à exister!

 

 

 

 

 

Errance avignonnaise, parfois j’aime le silence

ESPÆCE -

ESPÆCE – Conception, scénographie et mise en scène : Aurélien BORY –  Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Il y a des jours où j’aime le silence. Cette idée ne m’a pas quittée lors des quelques jours passés à Avignon pour tenter de retrouver espoir après la tragédie de Nice. Pour me ressourcer grâce à la beauté, l’intelligence et la création. Pour me réconcilier avec l’existence sinon avec l’humanité. Pourquoi l’éloge du silence? Parce que les deux spectacles qui ont eu cette vertu de me porter, m’éblouir, m’étonner sont totalement silencieux alors que la première plongée dans le « in » fut pour moi une noyade dans un océan de bêtise, de laideur, de mauvais goût. Je veux clouer ici au pilori « La dictature du cool » du chilien Marco Layera. Une fresque clinquante bavarde, méchante et volontairement minable. Ce spectacle mortifère ne mérite pas que l’on s’y attarde. Je le nomme simplement pour inciter les amoureux du spectacle vivant à passer leur chemin s’ils le découvrent à l’affiche.

En revanche si vous avez la chance d’être encore à Avignon pour la fin du festival courrez au théâtre Opéra Grand Avignon pour « Espaece »d’Aurélien Bory. Nouveau, raffiné, ludique, incroyablement inventif. Une pièce d’orfèvrerie qui célèbre cet acte insensé qui consiste à noircir des pages. « Ecrire, dit-elle »… Non, il ne s’agit pas ici de Marguerite Duras mais de Georges Perec qui inscrit dans le décor, sur les murs, sur l’écran de notre imaginaire des mots comme « écrire, « cri » « erre ». Tout est errance ici. Errance de la pensée qui se cherche, qui doute, qui toujours reste vive. Errance de l’être dans une bibliothèque étrange où l’on se déplace en dansant, où l’on se contorsionne pour mieux manger les livres. Un puzzle en mouvement comme doit l’être le théâtre, sans cesse recommencé, aux prises avec le doute et l’incertitude. Un vrai bijou.

HET LAND NOD -

HET LAND NOD – LE PAYS DE NOD – Mise en scène : FC BERGMAN – Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Autre moment de grâce, « Le pays de Nod » du flamand FC Bergman. Le public est immergé dans la grande salle du musée des Beaux-Arts d’Anvers privée de ses chefs d’œuvre pour cause de restauration. Un seul tableau résiste. Il est trop grand pour passer la porte. Ici encore il s’agit d’un spectacle totalement silencieux si l’on excepte les bombardements qui font sursauter les spectateurs. Pas de discours. Une errance chorégraphique dans un temple de la culture qui finira par s’écrouler. Magnifique. !

Enfin, on attendait le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui pour « Babel 7.16 » dans la Cour d’honneur du Palais des papes. De somptueuses vagues de corps qui glissent doucement sur le sol, des images superbes composées par des personnages devenant sculptures, un décor architectural mais, hélas, des mots. Des mots, toujours des mots, pour distiller des bribes idéologiques, pour asséner des vérités très relatives, pour se faire plaisir. Au grand dam des spectateurs las de ce verbe douteux qui, lui, ne doute de rien.

160719_rdl_1575.jpg

Adieu Monsieur Wiesel

Je me souviens d’une silhouette frêle, d’un sourire discret, d’un œil lumineux. Je me souviens d’un homme d’une grande simplicité, venu visiter la communauté juive de Nice, d’un être presque chétif. Je me souviens d’un géant.

Elie Wiesel, lui qui mieux que personne savait l’innommable, me pardonnera de ne pas trouver les mots pour dire mon admiration, mon affection et ma profonde tristesse d’apprendre qu’il a quitté notre monde. Il savait et il savait que personne ne peut savoir sans y être allé. Là-bas, dans « la nuit » devenue le titre d’un de ses ouvrages majeurs. Il savait qu’il ne pourrait plus jamais vraiment vivre, qu’une partie de lui s’était évanouie dans le petit matin blême qui vit partir en cendres son père, sa mère, sa sœur. Il vécut pourtant, comme il put, écrivit des livres, enseigna la philosophie, reçut le Prix Nobel de la Paix, refusa la présidence de l’état d’Israël, estimant qu’il était seulement un écrivain.

Il disparaît physiquement mais sa parole, au sens de Lévinas, une parole singulière, unique, vivante, restera pour toujours. Le corps n’est pas éternel mais l’idée de l’âme l’est. Le cerveau sera enterré mais la mémoire lui survivra «  écrit-il dans « Cœur ouvert ». La Mémoire, Elie Wiesel, fut son dévoué serviteur jusqu’au bout. A sa suite cette Mémoire sera préservée, honorée, vivante. Telle est la promesse des survivants.

Un été minimal et optimal chez Helenbeck

FullSizeRender 2

Qu’y a-t-il de commun entre un dessin de Sol Lewitt qui trace à la gouache des « Horizontal Brushstrokes », coups de pinceau graphiques pour une esquisse conceptuelle et une nature morte de Paul Lelong, peintre français du 19e siècle qui présente selon une savante mise en scène quelques objets dérisoires du quotidien? Rien sinon peut-être une certaine idée de l’acte créatif. Une économie de moyens au profit d’une éthique minimaliste.

Un été minimal, c’est le choix de la galerie Helenbek qui rassemble à cette occasion des artistes qu’apparemment rien ne lie. « Jeux de temporalité, jeux de simplicité. Anachronismes et rapprochements » selon les mots de la commissaire d’exposition Camille Frasca. On découvre un superbe Pascal Pinaud, une photographie contrecollée sur aluminium qui dégouline d’une tapisserie créée par Quentin Dérouet par la seule magie d’une rose écrasée . Empreintes d’un violet délicat pour un écrin qui oscille entre le sobre et le kitsch.  Un dessin sur tissu de Sonia Delaunay, une « poubelle » signée Arman, un portrait d’une simplicité radicale de Vasarely, une pièce « Art » de Ben, des tableaux froissures de Jean Von Juger, quelques traits avares de formes de Chicco Beiso et des toiles éclatantes de Nada Duval complètent cette proposition artistique inventive et séduisante.

 « Estival minimal » jusqu’au 10 septembre. Galerie Helenbeck. 6 rue Defly. Nice. Tel 04.93.54.22.82  chantal@helenbeck.fr

FullSizeRender 3.jpg