David Wahl, troubadour des temps modernes, chante un sale discours

2017_11_29_le sale discours_034∏alain monotIl a l’élégance d’un muscadin, la poésie d’un troubadour et l’humour d’un homme d’aujourd’hui, conscient, avisé, perspicace. David Wahl s’est lancé dans un art particulier, bien à lui, celui des causeries. On pourrait les imaginer dans un salon, au coin du feu… Elles s’offrent sur scène et enthousiasment le public. Comme à Monaco l’autre soir, dans l’écrin précieux du théâtre Princesse Grace où se donnait le « sale discours », thème du dernier exercice en date.

Un texte intelligent, émaillé de références historiques, scientifiques et philosophiques, construit comme un puzzle qui met en garde contre la destruction de la planète. Car, dans cet étrange cabinet de curiosités linguistiques où l’on ne sait si le sale constitue quelque danger ou si le propre tue toute élan de vie, si les bactéries jouent les gardiennes du temple ou si les détergents chimiques véhiculent la mort, il s’agit bien de cela: œuvrer pour la protection de l’environnement. Sans en avoir l’air, en toute humilité et sur le ton de la plaisanterie, ou presque. Voilà qui va dans le sens de la politique monégasque dont la Mission pour la Transition Energétique était d’ailleurs présente au théâtre Princesse Grace.

Revenons au « sale discours ». Il interroge sur la gestion des déchets, sur les dégâts que l’homme, cet animal bien plus propre qu’un porc, inflige à la Terre alors que le cochon, lui, repoussant de saleté, avale tout et donc d’une certaine façon nettoie. Le paradoxe est posé. David Wahl a d’emblée annoncé le propose, une « géographie des déchets pour tenter de distinguer au mieux ce qui est propre d’avec ce qui ne l’est pas ». Point n’est besoin ici de mettre les points sur les i, d’expliquer, de convaincre. La conclusion s’impose d’elle-même et l’extraordinaire durée de vie des déchets radioactifs, mise sur le devant de la scène, interpelle, glace le sang, anesthésie l’espérance. « Que penser de ces déchets, produits pour le développement, le progrès, le confort de l’homme, dont la nocivité se compte en dizaines voire centaines de milliers d’années? » interroge l’auteur comédien. A signaler aussi le travail astucieux de Pierre Guillois qui orchestre avec brio cette causerie spectacle décidément pleine de vie. A savourer et à méditer.

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