La promenade de Marcel Alocco chez Christian Depardieu

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Il dormait quelque part dans ma bibliothèque, sorti de ma mémoire, oublié comme tant d’autres. Alors que je revenais de la galerie Depardieu mon regard tomba sur lui, par hasard. « La promenade niçoise » de Marcel Alocco me faisait de l’œil alors que je venais de découvrir son « itinéraire » accroché aux cimaises immaculées. Ce fut un régal de suivre les tribulations intellectuelles et affectives d’un enfant du pays devenu l’une des figures emblématiques de « L’école de Nice ».

Dans ce livre émaillé de considérations culinaires fleurant le pistou et la socca, Marcel Alocco, sur la pointe de la plume, dévoile par instant fugitifs, sa personnalité de plasticien. Et de citer l’avant-gardiste américain George Brecht: « Je ne pense jamais à ce que je fais comme étant de l’art ou pas. C’est une activité, c’est tout ».

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Cette activité fut un fil, mieux une trame, et Marcel Alocco, patiemment et sobrement poursuit depuis des décennies ce chemin qui est le sien. Il marqua l’avènement du mouvement « Fluxus » comme en témoigne l’œuvre ci-dessus, rarement exposée. Il choisit la forme du patchwork pour mêler les civilisations, accumuler les symboles, dire à sa façon le mixage, la relativité et le foisonnement culturels. La couture ici fait lien et le message, profond, n’interdit pas une certaine satisfaction d’ordre esthétique. L’œil est conquis. Osera-t-on dire que c’est beau? Oui, j’ose, lassée des sempiternels discours sur l’inanité de la chose esthétique. Il faut aujourd’hui trop souvent souffrir, supporter des images désastreuses pour accéder à du « nouveau » selon les dogmes de l’art contemporain. Chez Marcel Alocco il est indéniable que son travail initia de nouvelles formes et un discours neuf mais ses œuvres ont également une valeur plastique. Je m’en réjouis et déguste avec délectation son « itinéraire » judicieusement retracé à la galerie Depardieu.

Comme l’écrit l’historien d’art Denys Riout « Artiste et poète, Marcel Alocco découpe la langue, assemble des formes et des couleurs, tisse un jeu inépuisable de renvois culturels à partir de références bigarrées. Le Patchwork qu’il développe depuis plusieurs décennies n’est pas seulement visuel ».

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Jusqu’au 30 septembre. Marcel Alocco, Itinéraire 1956-1976. Galerie Depardieu, 6 rue du docteur Guidoni. Nice http://www.galerie-depardieu.com

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