L’itinéraire inspiré de Paul Rosenberg au musée Maillol

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Une leçon d’histoire, une leçon d’humanité. Une fabuleuse initiation à l’instinct créatif et au flair du découvreur. Le Musée Maillol rend hommage à Paul Rosenberg, un collectionneur inspiré qui devint l’un des plus célèbres marchands d’art de la première moitié du 20e siècle. Il sut en effet tendre des passerelles entre la peinture d’hier (classique, reconnue, établie et respectée) et celle d’aujourd’hui (alors encore secouée dans les soubresauts d’un art moderne naissant). De l’impressionnisme au cubisme l’écart donnait le vertige à certains. Paul Rosenberg, tout en respectant la sensibilité de chacun, ne renonça jamais à ouvrir le regard de ses clients sur les nouveaux horizons de la planète artistique.

L’exposition « 21 rue La Boétie »rassemble une soixantaine de chefs-d’œuvre de l’art moderne (Pablo Picasso, Fernand Léger, Georges Braque, Henri Matisse, Marie Laurencin…), pour certains inédits en France et provenant de collections publiques majeures telles le Centre Pompidou, le Musée d’Orsay, le Musée Picasso à Paris, ou encore le Deutsches Historisches Museum de Berlin, ou d’importantes collections particulières comme celle de David Nahmad. Le portrait d’Anne Sinclair enfant par Marie Laurence (voir ci-dessus) témoigne du soutien actif de la petite-fille du galeriste, auteur du livre éponyme « 21 rue La Boétie » (paru aux Editions Grasset & Fasquelle, 2012).

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Un ouvrage qui raconte  l’histoire d’une famille spoliée par les nazis. Une toile de Matisse, Profil bleu devant la cheminée, datant de 1937 résume à elle seule l’itinéraire des biens spoliés. Volé dans le coffre de la banque de Libourne (qui réclama après guerre à Rosenberg les frais de remplacement des serrures), embarqué par Goering puis échangé avec un marchand allemand contre d’autres œuvres moins « dégénerées», le tableau de Matisse refait surface à la fin des années 40 sans que Rosenberg en ait connaissance. Il a été localisé dans une galerie parisienne qui l’a vendu à un collectionneur norvégien. La toile restera dans le musée norvégien crée par ce collectionneur jusqu’en 2012. A l’occasion d’une exposition Matisse, elle est prêtée au Centre Pompidou et reconnue par les ayants-droits Rosenberg. Engagée en 2012, la procédure de restitution aboutit en 2014. Soit soixante quinze ans après la spoliation. A ce jour, il reste encore une soixantaine d’œuvres de la collection Rosenberg à retrouver.

Cette exposition, outre son intérêt artistique évident, met en lumière le travail qui reste à accomplir pour qu’enfin les tableaux soient rendus, sinon à leurs propriétaires souvent disparus dans les cendres d’Auschwitz, à tout le moins à leurs descendants gardiens de la Mémoire.

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« 21 rue La Boétie Picasso, Matisse, Braque, Léger… »
Jusqu’ au 23 juillet 2017. Musée Maillol, 59-51 rue de Grenelle. Paris 7e

 

 

 

 

 

 

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