La rose sur tous les tons par Quentin Derouet à Nice

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Chantal Helenbeck et Quentin Derouet devant « Les larmes d’Eros ».

La rose, reine des fleurs. Symbole de passion folle ou d’amour kitch, c’est selon. La rose du Petit Prince ou d’un grand monarque de la République, comme on voudra. La rose sans cesse louée, peinte, fanée, recommencée. La quintessence de l’éphémère. Immortelle pourtant dans son langage. Fragile, caressée par le vent, brûlée par le soleil, écrasée par l’inconscience des hommes et par… le talent d’un jeune homme épris de cette idée d’éternité.

Quentin Derouet expose ses dernières œuvres à à la galerie Helenbeck, à Nice. Il a pris le parti de la rose. Immergé dans l’univers odorant des jardins Meilland, le jeune artiste a fait une cour pressante à chacune des belles. A l’affût des traces les plus prégnantes, de la déliquescence la plus pure, des pétales les plus juteux. Sur la toile la couleur vient de la fleur. Rouge sang elle donne un violet puissant lorsqu’elle est meurtrie. Brûlée, elle laisse des filets bruns. Mélangée à l’eau, elle permet une peinture légère, onirique, des formes étranges aux mille visages.

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Agé de seulement 27 ans cet élève fraîchement sorti de la villa Arson, lauréat en 2012 du Prix de la jeune création de Nice, a déjà effectué un parcours étonnant. Après avoir présenté l’an dernier à la galerie Helenbeck des photographies tendres, des compositions aléatoires poussant la poésie jusqu’à élaborer un parfum insolite baptisé « intention » sorti d’un distillateur dans lequel avaient été placées toutes ses œuvres, il revient aujourd’hui avec un travail très abouti qui intéresse des collectionneurs avertis. Avec modestie il nous avait confié « Je pense que l’art doit être quelque chose de très simple qui coule comme cela vient… ».

La vérité en art tient sans doute à ces mots si jolis qui sortent de sa bouche lorsqu’il dialogue avec sa galériste. Un jour Chantal lui avait murmuré:  » Si tu dis déjà une seule chose dans ta vie c’est beaucoup ». « J’ai compris que ce trait de rose est peut-être une des seules choses que j’avais à dire. Qu’avais-je d’autre à dire que d’écraser une fleur pour laisser une trace? » interroge Quentin.

Il va continuer ses recherches sur la peinture et la rose, réaliser une grande roseraie afin d’y bâtir une cabane atelier. S’y réfugier, méditer, expérimenter, traquer les meilleurs pigments et travailler. Sans angoisse, avec force. Car sans doute le sait-il s’il n’ose encore se référer aux mots d’Holderlin « Ce qui demeure, seuls les poètes le fondent »…

« Les larmes d’Eros ». Quentin Derouet. Jusqu’au27 février 2016. Galerie Helenbeck. 6 rue Defly. Nice. 

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