Les rêves en couleurs de Mirò au Grand Palais

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Itinéraire d’un homme libre, curieux de tout, hostile aux étiquettes et incroyablement inventif. La rétrospective Mirò au Grand Palais, à Paris, nous offre une vision globale d’un cheminement parsemé de trouvailles, enrichi par la proximité des penseurs et sublimé par le génie des poètes.

Comme l’écrit Jean-Louis Prat, commissaire de l’exposition, ancien directeur de la Fondation Maeght et grand ami de l’artiste,  » Miró a su créer un alphabet qu’on ne connaissait pas en peinture. C’est un langage dont nous avons besoin aujourd’hui, qui n’est ni figuratif ni abstrait et qui invente quelque chose en relation avec l’esprit, un univers ouvert au monde ». De fait, à l’écart des modes, ignorant les courants qui poussent certains  à œuvrer « à la manière de… », Mirò a puisé l’inspiration dans les objets du quotidien, s’est laissé conduire par son instinct et a métamorphosé les formes un peu sans le vouloir.

Extraordinaire plasticité de la représentation, facéties des figures qui semblent prendre leur envol en faisant fi des règles, audace, imagination… Mirò a côtoyé les poètes de son temps et s’est laissé porter par des semelles de vent dans leur univers novateur et bouillonnant. Michel Leiris, Roland Tual, Georges Limbour, Armand Salacrou, Georges Bataille, Robert Desnos, Tristan Tzara, Antonin Artaud, Raymond Queneau, Max Jacob… Ils étaient tous là ouvrant des voies nouvelles, balayant les mots du passé. Mirò a suivi leur traces à sa façon, avec ses couleurs, ses lignes, ses personnages ludiques, ses soubresauts.

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Près de 150 œuvres majeures sont réunies au Grand Palais, dans un écrin d’un blanc sobre et lumineux, pour cette rétrospective qui permet de découvrir toutes les facettes d’un artiste ayant marqué de son empreinte la modernité. Peintures, dessins, céramiques, sculptures, livres illustrés proviennent de  collections et musées prestigieux. Et la scénographie permet de suivre l’évolution du « fauve catalan » qui devait un jour créer le fabuleux labyrinthe qui serpente dans les jardins de la Fondation Maeght. Mirò ne se départira jamais cependant de ses origines et le tragique espagnol affleure dans certaines compositions. Les couleurs de ses rêves rejoignent sans doute les réminiscences de cauchemars liés à l’Histoire. L’humour et le sang se mêlent dans une merveilleuse tentative pour dire l’espoir omniprésent en des jours meilleurs.IMG_6323.jpg

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Jusqu’au 4 février 2019. Galeries nationales du Grand Palais. Paris

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