« Premier amour » de Beckett, l’exil par les mots aux Déchargeurs

Christophe Collin intèrprète de Premier amour

C’est un grand jeune homme un peu déglingué. Une tige qui s’élance vers un ailleurs vertigineux. Un individu aux prises avec son corps, ses mimiques, ses émotions. Un parfait personnage beckettien. Christophe Collin captive de bout en bout dans ce « Premier amour » mis en scène par Jacques Fontaine. Tour à tour inquiétant, mystérieux, drôle, touchant, agaçant… Il nous dit les choses de la vie sans emphase mais avec conviction.

« Ce qu’on appelle l’amour, c’est l’exil avec de temps en temps une carte postale du pays ». Merveilleux. Mais la langue de Beckett, encore faut-il pouvoir la capter, faire corps et âme avec elle. Il y parvient. Pas une seconde d’ennui. Pas une trace de compromis. Rien. Le pur cristal d’une pensée qui dérange, qui fait mal, qui traduit l’inanité d’être.

Décidément, on peut dire que le théâtre des Déchargeurs est le refuge parisien du génial auteur irlandais. Après « Le dépeupleur » ici applaudi avec Serge Merlin, voici un spectacle tout aussi réussi avec un comédien qui bondit sur un fil. Le fil des mots. Numéro d’équilibriste en parfaite adéquation avec le métier de vivre. Un métier difficile que Samuel Beckett tenta de dompter avec sa plume.

Jusqu’au 30 septembre. Théâtre des Déchargeurs. 3 rue des Déchargeurs. Paris. http://www.lesdechargeurs.fr 

Christophe Collin intèrprète de Premier amour

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