Giacometti, une femme tige contemple le port de Nice

IMG_1087

Une grande dame de bronze se détache sur les bassins du port de Nice. Une femme tige qui introduit l’exposition de la galerie Lympia consacrée aux dernières œuvres de Giacometti. Des pièces magistrales rarement présentées, des dessins, des documents, un film rare sur la façon de travailler de l’artiste et un parcours fascinant sur les traces de ses quatre modèles, Diego, le petit frère, Annette, l’épouse muse, Eli Lotar, l’ami collectionneur et Caroline, la maîtresse exubérante.

Un lieu chargé d’histoire (les anciennes galères), un vaste espace au charme suranné, sert d’écrin à un parcours inédit dans l’univers de cet artiste majeur qui, mieux que nul autre, aura réussi à capter ce qu’il y a d’universel en chaque être. Une présence immatérielle sans cesse menacée et pourtant ancrée dans le sol. Le destin de l’homme oscille sans doute entre cette certitude tellurique et la finitude qui lui rappelle à chaque pas sa fragilité. Et Giacometti a donné à cette évidence une chair de bronze.

IMG_1103

Les années de la maturité ont été prolifiques et les séjours azuréens de l’artiste, dans la ville Natacha de son ami Tériade, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, ont donné un souffle nouveau et fait naître sans doute des dessins d’un autre style. Un graphisme aérien et délicat comme dans cette vision épurée d’une baleine, d’un soleil et d’un bateau, illustrant merveilleusement la suavité de nos rivages.
IMG_1091
Il suffit parfois de quelques lignes pour sentir la chaleur sur la peau et l’éblouissement dans le regard. Giacometti savait regarder au-délà du réel, percer les mystères des choses et de êtres. Et ce fut une grand émotion, lors du vernissage de cette exposition où se pressait une foule captivée, de rencontrer Aika Sapone qui, à l’âge de dix-sept ans, fut l’un des modèles de Giacometti. Contrainte à des séances sans fin dans l’atelier parisien au cours desquelles elle fixait ses beaux yeux sur la palette et, éblouie par le génie du peintre, les ouvraient le plus possible afin de le laisser entrer. Un merveilleux portait témoigne de cette petite histoire qui s’inscrit dans la grande.

IMG_1119

Giacometti. L’œuvre ultime. Jusqu’au 15 octobre. Galerie Lympia. 52 Bd Stalingrad. Nice galerielympia.departement 06.fr

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s